
La
semaine dernière, le tribunal d'Anvers condamnait, notamment pour
terrorisme, à de lourdes peines de prison Fouad Belkacem, le
dirigeant-fondateur de Sharia4Belgium (S4B), avec plus de 46 de ses
« bras-droits » et militants. La majorité de ces
derniers se trouve, depuis 2013, sur le front syrien dans les rangs
djihadistes. Plusieurs d'entre eux ont depuis été tués sur place
ou se sont faits passés pour mort, dans l'objectif sans doute de
revenir incognito en Belgique.
Groupuscule
radical islamiste de tendance salafiste, fondé à Anvers en mars
2010, Sharia4Belgium s'est ensuite également implanté
à Bruxelles et à Vilvoorde. Lors de prêche de rue (Street Dawah),
le groupe salafiste recrute, pour les fanatiser, de jeunes garçons
issus de l'immigration maghrébo-musulmane, mais aussi des
non-musulmans qui vont ensuite se convertir à l'Islam. Revendiquant
son allégeance à Ben Laden, S4B prône publiquement, entre autres
dans des vidéos de propagande postées sur Internet, le terrorisme
pour instaurer en Belgique un « Etat islamique ».

A l'époque, des réactions politiques à son émergence dans le paysage médiatique ont été faites. Très timidement. Sans jamais clairement bien définir la nature exacte de l'idéologie véhiculée par ce groupe intégriste sectaire musulman. Cela ne fut pas le cas de Rachid Madrane (PS), alors secrétaire d'Etat dans le gouvernement régional bruxellois (depuis les élections de mai 2014, il est le ministre de l'Aide à la jeunesse, des maisons de justice et de la promotion de Bruxelles au sein du gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles).
« Petites
frappes fascistes »
Dans
les colonnes de l'hebdomadaire « Le Vif/L'Express » du 28
juin 2013, Rachid Madrane a clairement dénoncé les membres du
groupe islamiste Sharia4Belgium, comme étant des « fascistes ».
A propos des jeunes belges musulmans partis combattre en Syrie,
l'homme politique socialiste bruxellois affirme alors, sans langue de
bois et démagogie, avec détermination et courage :
«
C'est une révolte contre le système qui s'exprime à travers la
religion musulmane parce qu'elle apparaît comme la seule mettant au
défi l'impérialisme occidental... Je l'ai dit publiquement :
Sharia4Belgium, ce sont des fascistes.
Il
faut les combattre. Il faut être intransigeant avec les petites
frappes qui pourrissent la vie dans les villes. Mais quand j'ai dit
ça, je dois préciser que la discrimination à l'embauche touche
prioritairement les jeunes de ces quartiers. C'est là que l'on
trouve les problèmes les plus sérieux de manque de formation. »
(1).
© Photo Manuel Abramowicz
But :
terrorisme, racisme et haine
En
juin 2012, lors d'un entretien accordé au quotidien « Le
Soir », Rachid Madrane avait déjà défini Sharia4Belgium
comme étant un « groupe fasciste » :
« C’est
un groupe fasciste. Je l’ai dit au Parlement : on doit interdire
tout type d’association dont le seul but est d’inciter au
terrorisme, au racisme et à la haine. La toute grande majorité de
la communauté musulmane est loyale à la Belgique et condamne
Sharia4Belgium. Les médias ne le disent pas assez. On ne se rend pas
compte du mal que certains amalgames causent. »
Quelques
jours après cet entretien au « Soir », c'est Comac,
l'organisation de jeunesse du Parti du Travail
de Belgique (PTB, gauche radicale) qui déclarera, à l'occasion
d'une contre-manifestation antifasciste à Bruxelles,
« s'opposer fermement aux
divisions ethniques et religieuses que des fascistes comme le PP,
Nation et Sharia4Belgium veulent nous imposer. Ces organisations
participent au même mouvement de peur et de haine et sont les deux
faces d'une seule et même pièce. »
(3).
Après la condamnation judiciaire de Sharia4Belgium, prononcée la semaine dernière à Anvers, il était nécessaire de rappeler les courageuses prises de position de Rachid Madrane (PS) et de Comac contre ce groupe radical islamiste.
Fascisme
religieux
A
l'heure où le fascisme religieux demeure un sujet tabou dans notre
pays, il nous faut des déclarations fortes mettant le doigt sur sa
problématique. D'autant plus qu'un secteur bien particulier de la
« gauche identitaire », convertie aux sirènes du
communautarisme, du politiquement et du religieusement correct, tente
de camoufler (actuellement par un « Charlie Bashing »,
par exemple) la vraie nature idéologico-religieuse des terroristes
salafistes.
Ceux-ci
sont des « fous de Dieu » de véritables sectes issues de
la religion musulmane. Ils doivent dès lors être considérés comme
étant en dehors de l'Islam. La confusion avec l'ensemble des
musulmans, également victimes directes de ce fascisme religieux,
doit être impérativement combattue. Pour lutter contre les
amalgames, à la base de l'islamophobie et du racisme
anti-maghrébins, il faut utiliser les bons mots. Comme l'a fait avec
courage Rachid Madrane.
Manuel
Abramowicz
web-journal RésistanceS.be
web-journal RésistanceS.be
Notes :
(1)
Extrait d'une interview de Rachid Madrane à l'hebdomadaire belge
« Le Vif/l'Express », du 28 juin 2013, p. 26.
(2) « Rachid Madrane (PS) : ''Sharia4Belgium est un groupe fasciste'' », entretien, « Le Soir », 11 juin 2012, p. 4.
(2) « Rachid Madrane (PS) : ''Sharia4Belgium est un groupe fasciste'' », entretien, « Le Soir », 11 juin 2012, p. 4.
(3)
« De qui le gouvernement a-t-il peur ? Des fascistes ou de ceux
qui résistent ? », article du 17 Juin 2012 publié sur le site
« Chengetheworld.be » du Comac (PTB).