lundi 16 février 2015

Sharia4Belgium, un « groupe fasciste » pour Madrane (rappel)

Quelle est la nature idéologique exacte des salafistes ? Sont-ils des musulmans ou font-ils désormais partie d'une secte en dissidence de l'Islam ? Pour l'homme politique bruxellois Rachid Madrane, il s'agit de « fascistes », dont le but est le terrorisme, le racisme et la haine.

La semaine dernière, le tribunal d'Anvers condamnait, notamment pour terrorisme, à de lourdes peines de prison Fouad Belkacem, le dirigeant-fondateur de Sharia4Belgium (S4B), avec plus de 46 de ses « bras-droits » et militants. La majorité de ces derniers se trouve, depuis 2013, sur le front syrien dans les rangs djihadistes. Plusieurs d'entre eux ont depuis été tués sur place ou se sont faits passés pour mort, dans l'objectif sans doute de revenir incognito en Belgique.

Groupuscule radical islamiste de tendance salafiste, fondé à Anvers en mars 2010, Sharia4Belgium s'est ensuite également implanté à Bruxelles et à Vilvoorde. Lors de prêche de rue (Street Dawah), le groupe salafiste recrute, pour les fanatiser, de jeunes garçons issus de l'immigration maghrébo-musulmane, mais aussi des non-musulmans qui vont ensuite se convertir à l'Islam. Revendiquant son allégeance à Ben Laden, S4B prône publiquement, entre autres dans des vidéos de propagande postées sur Internet, le terrorisme pour instaurer en Belgique un « Etat islamique ».

A l'époque, des réactions politiques à son émergence dans le paysage médiatique ont été faites. Très timidement. Sans jamais clairement bien définir la nature exacte de l'idéologie véhiculée par ce groupe intégriste sectaire musulman. Cela ne fut pas le cas de Rachid Madrane (PS), alors secrétaire d'Etat dans le gouvernement régional bruxellois (depuis les élections de mai 2014, il est le ministre de l'Aide à la jeunesse, des maisons de justice et de la promotion de Bruxelles au sein du gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles).

« Petites frappes fascistes »
Dans les colonnes de l'hebdomadaire « Le Vif/L'Express » du 28 juin 2013, Rachid Madrane a clairement dénoncé les membres du groupe islamiste Sharia4Belgium, comme étant des « fascistes ». A propos des jeunes belges musulmans partis combattre en Syrie, l'homme politique socialiste bruxellois affirme alors, sans langue de bois et démagogie, avec détermination et courage :

« C'est une révolte contre le système qui s'exprime à travers la religion musulmane parce qu'elle apparaît comme la seule mettant au défi l'impérialisme occidental... Je l'ai dit publiquement : Sharia4Belgium, ce sont des fascistes.

Il faut les combattre. Il faut être intransigeant avec les petites frappes qui pourrissent la vie dans les villes. Mais quand j'ai dit ça, je dois préciser que la discrimination à l'embauche touche prioritairement les jeunes de ces quartiers. C'est là que l'on trouve les problèmes les plus sérieux de manque de formation. » (1).


© Photo Manuel Abramowicz


But : terrorisme, racisme et haine
En juin 2012, lors d'un entretien accordé au quotidien « Le Soir », Rachid Madrane avait déjà défini Sharia4Belgium comme étant un « groupe fasciste » :

« C’est un groupe fasciste. Je l’ai dit au Parlement : on doit interdire tout type d’association dont le seul but est d’inciter au terrorisme, au racisme et à la haine. La toute grande majorité de la communauté musulmane est loyale à la Belgique et condamne Sharia4Belgium. Les médias ne le disent pas assez. On ne se rend pas compte du mal que certains amalgames causent. »

Quelques jours après cet entretien au « Soir », c'est Comac, l'organisation de jeunesse du Parti du Travail de Belgique (PTB, gauche radicale) qui déclarera, à l'occasion d'une contre-manifestation antifasciste à Bruxelles, « s'opposer fermement aux divisions ethniques et religieuses que des fascistes comme le PP, Nation et Sharia4Belgium veulent nous imposer. Ces organisations participent au même mouvement de peur et de haine et sont les deux faces d'une seule et même pièce. » (3).

Après la condamnation judiciaire de Sharia4Belgium, prononcée la semaine dernière à Anvers, il était nécessaire de rappeler les courageuses prises de position de Rachid Madrane (PS) et de Comac contre ce groupe radical islamiste.

Fascisme religieux
A l'heure où le fascisme religieux demeure un sujet tabou dans notre pays, il nous faut des déclarations fortes mettant le doigt sur sa problématique. D'autant plus qu'un secteur bien particulier de la « gauche identitaire », convertie aux sirènes du communautarisme, du politiquement et du religieusement correct, tente de camoufler (actuellement par un « Charlie Bashing », par exemple) la vraie nature idéologico-religieuse des terroristes salafistes.

Ceux-ci sont des « fous de Dieu » de véritables sectes issues de la religion musulmane. Ils doivent dès lors être considérés comme étant en dehors de l'Islam. La confusion avec l'ensemble des musulmans, également victimes directes de ce fascisme religieux, doit être impérativement combattue. Pour lutter contre les amalgames, à la base de l'islamophobie et du racisme anti-maghrébins, il faut utiliser les bons mots. Comme l'a fait avec courage Rachid Madrane.


Manuel Abramowicz
web-journal RésistanceS.be

Notes :
(1) Extrait d'une interview de Rachid Madrane à l'hebdomadaire belge « Le Vif/l'Express », du 28 juin 2013, p. 26.
(2) « Rachid Madrane (PS) : ''Sharia4Belgium est un groupe fasciste'' », entretien, « Le Soir », 11 juin 2012, p. 4.
(3) « De qui le gouvernement a-t-il peur ? Des fascistes ou de ceux qui résistent ? », article du 17 Juin 2012 publié sur le site « Chengetheworld.be » du Comac (PTB).