dimanche 19 avril 2015

Michel Graindorge, avocat révolté, est mort





Avocat de causes justes, certes, à l'une ou l'autre exception ce ne fut pas le cas, dès ses années de jeunesse, il fut un militant antifasciste et pour un monde meilleur. Ci-contre, en 1979, lors de sa détention dans le cadre de l'« affaire François Besse ». Client de Michel Graindorge, ce « lieutenant » de l'« ennemi public numéro un » français de l'époque, Jacques Mesrine, s'était évadé, les armes à la main, du Palais de Justice de Bruxelles. Son avocat bruxellois fut accusé de complicité, arrêté de retour de vacances devant ses enfants et emprisonné durant plus de quatre mois.


Dans les rues de Bruxelles, des milliers de manifestants défilèrent pour dénoncer une arrestation arbitraire et réclamer sa libération. Après une enquête poussée, le tribunal correctionnel l'acquitta. Le jugement sera ensuite confirmé en Appel. Lavé de tout soupçon, Graindorge sortira libre de prison. 

Il faut se rappeler que Michel Graindorge fut un avocat dérangeant pour l'establishment. Certaines élites du royaume de Belgique l'avaient mis dans leur ligne de mire. Devant les tribunaux, il a combattu les conditions souvent inhumaines des détenus emprisonnés en Belgique, la répression tous azimuts en Allemagne durant les « années de plomb », les arnaques financières de nantis, l'acharnement de la gendarmerie contre les travailleurs en lutte des Forges de Clabecq, pris la défense de familles de victimes des tueries du Brabant, de familles des dix paras belges assassinés à Kigali en 1994, de rescapés du génocide des Tutsis et des Hutus démocrates au Rwanda en avril 1994...


Il fut un avocat et un homme révolté.



MANUEL ABRAMOWICZ


PS : dans les jours prochains, je mettrais en ligne une interview exclusive que j'avais faite de Michel Graindorge, mais qui ne fut jamais pour finir publiée (le journal pour lequel je l'avais réalisé cessa de paraitre). Elle le saura désormais... ici-même !


Sur cette photo (au centre, dans le fond) avec son ami de toujours, le journaliste Jean-Claude Defossé (à droite), lors d'un voyage vers Paris en mars 2012 © Photo Theo Poelaert

Michel Graindorge, un homme en discussion permanente © Photo Theo Poelaert