
Avocat
de causes justes, certes, à l'une ou l'autre exception ce ne fut pas
le cas, dès ses années de jeunesse, il fut un militant antifasciste
et pour un monde meilleur. Ci-contre, en 1979, lors de sa détention
dans le cadre de l'« affaire François Besse ». Client
de Michel Graindorge, ce « lieutenant » de
l'« ennemi public numéro un » français de l'époque,
Jacques Mesrine, s'était évadé, les
armes à la main, du Palais de Justice de Bruxelles.
Son avocat bruxellois fut accusé de complicité, arrêté de retour
de vacances devant ses enfants et emprisonné durant plus de quatre
mois.
Dans les rues de Bruxelles, des milliers de manifestants
défilèrent pour dénoncer une arrestation arbitraire et réclamer
sa libération. Après une enquête poussée, le
tribunal correctionnel l'acquitta. Le jugement sera ensuite confirmé
en Appel. Lavé de tout soupçon, Graindorge
sortira libre de prison.
Il faut se rappeler que Michel Graindorge fut un avocat dérangeant pour l'establishment. Certaines élites du royaume de Belgique l'avaient mis dans leur ligne de mire. Devant les tribunaux, il a combattu les conditions souvent inhumaines des détenus emprisonnés en Belgique, la répression tous azimuts en Allemagne durant les « années de plomb », les arnaques financières de nantis, l'acharnement de la gendarmerie contre les travailleurs en lutte des Forges de Clabecq, pris la défense de familles de victimes des tueries du Brabant, de familles des dix paras belges assassinés à Kigali en 1994, de rescapés du génocide des Tutsis et des Hutus démocrates au Rwanda en avril 1994...
Il faut se rappeler que Michel Graindorge fut un avocat dérangeant pour l'establishment. Certaines élites du royaume de Belgique l'avaient mis dans leur ligne de mire. Devant les tribunaux, il a combattu les conditions souvent inhumaines des détenus emprisonnés en Belgique, la répression tous azimuts en Allemagne durant les « années de plomb », les arnaques financières de nantis, l'acharnement de la gendarmerie contre les travailleurs en lutte des Forges de Clabecq, pris la défense de familles de victimes des tueries du Brabant, de familles des dix paras belges assassinés à Kigali en 1994, de rescapés du génocide des Tutsis et des Hutus démocrates au Rwanda en avril 1994...
Il fut un avocat et un homme révolté.
MANUEL ABRAMOWICZ
PS : dans les jours prochains, je mettrais en ligne une interview exclusive que j'avais faite de Michel Graindorge, mais qui ne fut jamais pour finir publiée (le journal pour lequel je l'avais réalisé cessa de paraitre). Elle le saura désormais... ici-même !
Sur
cette photo (au centre, dans le fond) avec son ami de toujours, le journaliste
Jean-Claude Defossé (à droite), lors d'un voyage vers Paris en
mars 2012 © Photo Theo Poelaert