Un
article de RésistanceS.be
Ceci
n'est pas une info exclusive mais une évidence : le perdant de
2012 voudrait retourner à l'Elysée. Nicolas Sarkozy est repassé à
l'offensive dans les colonnes de Valeurs
Actuelles.
Un journal d'ultra-droite qu'a dirigé son ancien mentor idéologique,
Patrick Buisson. But : piocher
dans l’escarcelle électorale du Front national. Un remake des deux
précédentes présidentielles.
Une
« confession »
de Nicolas Sarkozy a été publiée, sous la forme d'un « entretien
exclusif »,
dans le numéro de cette semaine de Valeurs
Actuelles,
l'hebdomadaire de la droite nationale-libérale musclée et
conservatrice d'outre-Quiévrain. Ce journal joue notamment le rôle
de maillon entre l'électorat du parti LR (Les Républicains,
anciennement UMP) de Sarkozy et celui du Front national (FN) de
Marine Le Pen.
Dans cette interview, étiquetée donc comme « exclusive », l'ancien président de la République, de 2007 à 2012, affirme entre autres :
«
Je
ne ferai pas l’erreur de culpabiliser les électeurs du Front
national. On doit lutter contre le FN en essayant de convaincre ceux
qui veulent voter pour lui, en apportant des solutions à leurs
angoisses, et non pas en les méprisant ou en leur donnant des leçons
».
Pour
y parvenir, le mode opératoire ne peut être que de « parler
lepéniste » à la manière sarkozyste. Dans cette discipline,
« Iznogood » (l'un
des diminutifs, certes peu flatteurs) de l'ex-locataire de l'Elysée,
excelle.
Leçons de Buisson
La
campagne présidentielle de 2017 est belle et bien lancée. Un pari
simple à faire. Elle tournera autour de thématiques identiques de
celles des deux précédentes élections : la sécurité, le
terrorisme, l'immigration, l'islam, le chômage et l'identité
nationale.
Il
s'agit des vieilles recettes gagnantes en temps de crise. Soit le
fonds de commerce de la droite pure et dure, qu'elle soit désormais
lepéniste ou sarkozyste. Dans ce registre, « Sarko » se
rappellera certainement des leçons particulières prodiguées par
son mentor idéologique de l'époque, Patrick Buisson (en
photo
ci-dessus à la Une du quotidien Libération
du 6 mars 2014).
Militant,
puis intellectuel d'extrême droite, ce dernier a été le
« compagnon de route » de quelques personnalités de
renom ayant animé la « scène nationaliste » française
dans les années 1970-1980. Comme par exemple, Pascal Gauchon qui fut
secrétaire général du Parti des forces nouvelles (PFN), dont les
principaux leaders furent auparavant à la base de la création du
FN, et fut l'un des rédacteurs en chef de Défense
de l'Occident,
la revue fondée par l'autoproclamé « écrivain
fasciste »
Maurice Bardèche (parent et collègue politique de l'écrivain
collaborationniste Robert Brasillach). Toujours fidèle à un nouvel
ordre pour remplacer la République fondée sur les principes des
droits de l'Homme (et Mai 68), Patrick Buisson fut aussi le directeur
de plusieurs journaux d'ultra droite : Minute
et Le
Crapouillot,
mais encore... Valeurs
Actuelles,
qui cette semaine offre à Nicolas Sarkozy un nouveau tremplin
médiatique vers les électeurs du FN. Une mouvance doctrinale des
plus homogènes, comme vous l'aurez constaté par vous même.
La
stratégie de Buisson (et de bien d'autres) : oeuvrer au
rapprochement de toutes les composantes de la droite française, à
l'exception de son courant gaulliste qu'incarna Jacques Chirac. Rien
d'étonnant puisque cet idéologue de la Sarkozie fut un partisan
acharné de l'Algérie française et de son pseudopode terroriste,
l'OAS (Organisation de l'armée secrète). Patrick Buisson tient
certainement toujours Charles de Gaule pour un traitre à la France
(coloniale).
Tête haute et mains propres
Seulement maintenant, celui qui perdit royalement contre François Hollande en 2012, ne pourra plus recevoir les conseils de son Buisson. L'individu s'est chamaillé avec l'ex-président à propos d'une sombre affaire de conversations privées qu'il avait à son insu enregistré.
Tête haute et mains propres
Seulement maintenant, celui qui perdit royalement contre François Hollande en 2012, ne pourra plus recevoir les conseils de son Buisson. L'individu s'est chamaillé avec l'ex-président à propos d'une sombre affaire de conversations privées qu'il avait à son insu enregistré.
L'homme
de l'ombre, véritable petit prince Machiavel de Sarkozy durant les
années élyséennes, doit également faire face à une série de
tracas judiciaires. Le mois dernier, il a été mis en examen, soit
inculpé, par un
juge d'instruction enquêtant sur
des abus de biens sociaux et de détournement de fonds publics dans
ladite « affaire des sondages de l'Elysée ». Des
enquêtes d'opinion, réalisées entre 2007 et 2012 sous la
présidence de Nicolas Sarkozy, qui auraient profité illégalement
sur le plan financier à Buisson, dans un premier temps en tous les
cas. L'ex-conseiller pourrait n'être que l'un des fusibles - qui
vient de sauter - d'un système plus vaste.
Selon
une des règles fondamentales en politique, il faut, tout le moins en
apparence, toujours avancer la tête haute et avoir les mains
propres. Patrick Buisson a donc été définitivement mis dans les
oubliettes de l'histoire de la galaxie sarkozyste (comme d'autres
d'ailleurs). En 2017, Sarko agira cette fois-ci seul - ou avec
d'autres transfuges d'extrême droite - pour tenter de reprendre les
rênes de la France. S'arc-boutant une nouvelle fois sur l'électorat
de la famille lepéniste.
MANUEL ABRAMOWICZ
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© Dessin Riss / Charlie Hebdo |
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Lundi 10 août 2015 |
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