vendredi 1 avril 2016

Mon texte pour le Mensch Johannes Blum


La revue Regards, mensuel du CCLJ, m'a demandé d'intervenir, le dimanche 13 mars dernier, à la cérémonie de remise du titre de Mensch de l'année 2016 à Johannes Blum, reçu avec Judith Kronfeld. Voici mon texte lu lors de cette émouvante cérémonie.




Johannes Blum est un Allemand à contre-courant.


Un Allemand qui nous permet aussi, d'une autre façon, de comprendre le plus terrible drame européen contemporain.

Un drame qui le fut pour des millions de non-Allemands.

Mais également pour des millions d'Allemands démocrates, antinazis, antiracistes...

Ces Allemands catholiques, protestants, juifs, non-croyants, communistes, socialistes et libéraux qui furent les premières victimes du nazisme.

Johannes Blum est un Allemand qui nous permet de refuser de tomber, à notre tour, dans le piège enfermant des stéréotypes et des préjugés. Des replis mentaux conduisant dans la plupart des cas dans la voie sans issue du racisme.

Enfant d'un enfant caché, petits-fils de réfugiés polonais et espagnols ayant trouvé une terre d'exil en Belgique, la tolérance et le rejet de tous les racismes ont été le fil rouge de notre éducation.

De celle-ci, nous avons appris à ne pas détester l'Allemagne et les Allemands, malgré Hitler et le génocide.

Nous avons appris qu'il fallait rencontré et dialogué avec tous les survivants du nazisme. Allemands compris.

Johannes Blum en est un.

Pour terminer ma courte intervention, permettez-moi de faire une citation adaptée au Mensch Johannes Blum et inspiré du poême « Je n'ai rien dit » du
pasteur allemand Martin Niemöller (1892–1984), militant politique antinazi, écrit lors de son emprisonnement au camps de concentration de Dachau.



Voici mon adaptation de ce poème :



Quand ils sont venus chercher les communistes,
j'ai dit.
Je suis communiste

Quand ils sont venus chercher les syndicalistes,
j'ai dit.
Je suis syndicaliste

Quand ils sont venus chercher les juifs,
j'ai dit.
Je suis juif

Quand ils sont venus chercher les catholiques,
j'ai dit.
Je suis catholique

Et, puis ils sont venus me chercher.

Et il restait tout le monde pour protester et resister !



C'est la leçon de vie que nous enseigne Johannes Blum.



Manuel Abramowicz
Dimanche 13 mars 2016



Johannes Blum en 2015 au stand de RésistanceS.be.



© Blog Manuel Abramowicz, mars 2016






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