lundi 19 juillet 2010

Néoréacs, islamophobie, pensée unique...


Enquête sur les « néoréacs », croisés de la pensée conservatrice et dominante


En décembre 2005,
le Nouvel Observateur proposait en couverture un dossier sur «Les néoréacs» et sur «leurs dérapages (qui) aggravent les fractures française». Parmi les intellectuels rangés dans cette catégorie, l'hebdomadaire français mettait en rayon : Alain Finkielkraut, Michel Houellebecq, Hélène Carrère d'Encausse, Alexandre Adler, Pierre-André Taguieff, André Glucksman... Venant en général de la gauche, ces «nouveaux» réactionnaires se soignent désormais à droite, voire dans l'ultradroite populiste. Voici la définition des «néoréacs» proposée par le Nouvel Obs.

Une définition toujours actuelle et qui peut aussi concerner un quarteron d'intellos belges (suivez notre regards) passé de la gauche à la droite de l'échiquier politique (M.AZ).


Pour «
le Nouvel Observateur » : « Les néoréacs se récrieront, parleront d'un amalgame honteux, d'un procès en sorcellerie. Toujours la pose du martyr... Alors il faut aller plus loin dans la définition, mieux les qualifier. Quatre caractéristiques les réunissent.

1. Pour eux, nous sommes en guerre. Une guerre déclarée le 11 septembre 2001, point de départ d'un mouvement mondial d'agression contre l'Occident, ses valeurs, sa civilisation et dont le terrorisme d'Al-Qaida n'est que la pointe extrême (...).


2. Dans cette guerre, il y a une cinquième colonne. Une certaine extrême gauche se lie à l'islamisme et devient le vecteur d'une nouvelle judéophobie à oripeaux progressistes, qu'on retrouve chez José Bové comme dans les résolutions proposées à la conférence de Durban. Un courant antiaméricain, qu'on voit à gauche et à l'extrême gauche, mais aussi dans les postures néogaullistes d'un Dominique de Villepin ou bien dans le pacifisme d'un Gerhard Schrôder, affaiblit l'Occident. Une frange violente, antirépublicaine et antisémite des populations immigrées qui campent autour des villes occidentales sert d'armée de réserve aux émeutes urbaines et de vivier de recrutement pour les groupes terroristes.


3. Il y a enfin, dans ce combat planétaire, des «idiots utiles»: les hommes de gauche bien sûr, accusés de cécité, d'angélisme et d'inertie. Indécrottables dans leur rousseauisme, ils refusent de voir le mal, de percevoir la haine, d'admettre le retour de la bête immonde, le « troisième totalitarisme ». Incapable de comprendre qu'elle (la gauche) a affaire à une entreprise de subversion générale des valeurs judéo-chrétiennes, elle fait droit, par respect des autres cultures, à toutes sortes de revendications mémorielles et différentialistes qui ne font qu'affaiblir l'Occident en l'engluant dans un sentiment de culpabilité permanent. Aveugle devant la situation dangereuse créée par une immigration incontrôlée, la gauche continue enfin à se concentrer sur l'inégalité sociale alors que l'intégration ne se fait pas et que la « culture de l'excuse » laisse la délinquance et la subversion prendre le contrôle de cités désormais peuplées non de victimes mais d'ennemis.


4. (Pour les néoréacs) ces « idiots utiles » ne sont que la manifestation d'un syndrome plus large : la fin du progrès et la dissolution des valeurs – républicaines, occidentales, judéo-chrétiennes, c'est selon. La liberté qui prévaut dans la démocratie finit par la ronger de l'intérieur. Les croyances s'effacent, les institutions s'effritent, une douce anarchie consommatrice et médiatique, shootée à la culture de masse, amollit la société et abaisse les défenses morales de l'Occident, La démocratie est un lieu vide, sans foi ni règle. Nous sommes en décadence
».

(extrait du dossier «Les néoréacs - Leurs dérapages aggravent les fractures françaises», du Nouvel Observateur, du 1er au 7 décembre 2005, p. 52).


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